La présence de PFAS dans l’environnement et dans certaines ressources utilisées pour produire l’eau potable suscite une inquiétude croissante en Belgique. Ces substances chimiques, parfois appelées « polluants éternels », se dégradent très lentement et peuvent s’accumuler dans l’environnement ainsi que dans l’organisme humain.
En Wallonie, différentes campagnes de contrôle ont mis en évidence la présence de PFAS dans certaines zones de distribution d’eau. Depuis février 2025, une valeur réglementaire de 100 nanogrammes par litre s’applique en Wallonie à la somme de 20 PFAS surveillés dans l’eau de distribution.
Face à cette problématique, de nombreux ménages cherchent une solution permettant de réduire leur exposition à domicile. Parmi les technologies disponibles, l’osmose inverse constitue l’une des méthodes de filtration les plus efficaces, à condition d’utiliser un appareil correctement dimensionné, entretenu et testé pour les substances concernées.
Que sont les PFAS ?
Les PFAS (ou substances per- et polyfluoroalkylées), constituent une vaste famille de composés chimiques synthétiques utilisés depuis les années 1950.
Ils peuvent notamment être présents dans :
- certains revêtements antiadhésifs ;
- les textiles déperlants ;
- les emballages résistants aux graisses ;
- certaines mousses anti-incendie ;
- différents procédés industriels ;
- certains produits ménagers et cosmétiques.
Leur structure chimique les rend particulièrement résistants à la chaleur, à l’eau, aux graisses et à la dégradation naturelle. Cette grande stabilité explique pourquoi ils peuvent persister pendant très longtemps dans les sols, les eaux souterraines et les organismes vivants.
Pourquoi retrouve-t-on des PFAS dans l’eau du robinet ?
Après leur utilisation, les PFAS peuvent être rejetés dans l’environnement. Ils peuvent ensuite migrer vers les sols, les cours d’eau ou les nappes souterraines utilisées pour la production d’eau potable.
Les traitements classiques réalisés dans les installations de potabilisation ne sont pas toujours conçus pour éliminer complètement tous les PFAS. Leur présence dans l’eau du robinet varie toutefois fortement selon la ressource, le captage, la zone de distribution et les traitements appliqués par le distributeur.
Une détection de PFAS ne signifie pas automatiquement que l’eau est impropre à la consommation. Elle doit être interprétée en fonction des substances détectées, de leur concentration et des valeurs réglementaires ou sanitaires applicables.
Les PFAS sont-ils dangereux pour la santé ?
Il est préférable de ne pas présenter tous les PFAS comme un « poison » unique. Cette famille comprend plusieurs milliers de substances, dont les propriétés et les niveaux de toxicité ne sont pas identiques.
Les connaissances scientifiques sont particulièrement développées pour certaines molécules, comme le PFOA et le PFOS. Une exposition prolongée à certains PFAS est associée ou suspectée d’être associée à différents effets sur le foie, le système immunitaire, le développement et le système endocrinien. Certains PFAS sont également considérés comme cancérogènes ou potentiellement cancérogènes.
Les principales voies d’exposition sont l’alimentation et, selon les situations locales, l’eau potable.
La réduction de l’exposition doit donc s’inscrire dans une approche globale. Filtrer l’eau de boisson peut diminuer une source d’exposition, mais ne supprime pas les PFAS déjà présents dans l’environnement ou dans certains aliments et produits de consommation.
Comment savoir si l’eau de votre commune contient des PFAS ?
La qualité de l’eau distribuée dépend de votre adresse et de votre zone de distribution. Une même commune peut parfois être alimentée par plusieurs ressources différentes.
Pour obtenir une information fiable, vous pouvez :
- consulter le rapport de qualité de l’eau de votre distributeur ;
- demander quelle zone de distribution alimente votre habitation
- consulter les informations publiées par la Région wallonne ;
- faire analyser votre eau par un laboratoire agréé lorsque la situation l’exige.
Une analyse est particulièrement utile lorsqu’une habitation utilise de l’eau de puits, de citerne ou une source privée. Dans ce cas, le contrôle réalisé sur l’eau du réseau public ne permet pas de connaître la qualité de l’eau réellement consommée.
Une carafe filtrante suffit-elle pour éliminer les PFAS ?
Toutes les solutions de filtration ne présentent pas la même efficacité.
Les filtres à charbon actif peuvent réduire certains PFAS, en particulier certaines molécules à chaîne longue. Leur efficacité dépend néanmoins du type de charbon, du temps de contact avec l’eau, de la concentration initiale et de la fréquence de remplacement de la cartouche.
Les petites carafes filtrantes ne sont donc pas nécessairement conçues ni certifiées pour réduire les PFAS. Un filtre saturé ou insuffisamment entretenu peut également perdre une part importante de son efficacité.
Avant d’acheter un système de filtration, il convient de vérifier :
- les contaminants pour lesquels il a été testé ;
- le taux de réduction annoncé ;
- la norme ou le protocole d’essai utilisé ;
- la capacité réelle de la cartouche ;
- la fréquence de remplacement recommandée.
Comment fonctionne un osmoseur ?
Un osmoseur utilise le principe de l’osmose inverse. L’eau est mise sous pression afin de traverser une membrane semi-perméable possédant des pores extrêmement fins. Cette membrane retient une grande partie des substances dissoutes.
Selon la configuration de l’appareil, l’eau traverse généralement plusieurs étapes :
- un préfiltre retient les particules et les sédiments ;
- un filtre à charbon actif réduit notamment le chlore et protège la membrane ;
- la membrane d’osmose inverse sépare une grande partie des substances dissoutes ;
- un postfiltre améliore le goût de l’eau avant sa consommation.
Une partie de l’eau filtrée est disponible au robinet dédié. L’autre partie entraîne les contaminants retenus vers l’évacuation.
L’osmose inverse est-elle efficace contre les PFAS ?
L’osmose inverse fait partie des technologies reconnues pour réduire de nombreux PFAS présents dans l’eau. Des performances supérieures à 90 % peuvent être obtenues pour plusieurs substances, tandis que certains systèmes et certaines conditions d’essai atteignent des réductions plus élevées.
Le résultat dépend cependant :
- du type de PFAS ;
- de la membrane utilisée ;
- de la pression disponible ;
- de la qualité initiale de l’eau ;
- de l’état des préfiltres ;
- de l’entretien du système ;
- des performances réellement validées par le fabricant.
Il est donc plus exact de dire qu’un osmoseur réduit fortement certains PFAS que d’affirmer qu’il garantit une eau totalement dépourvue de tous les PFAS.
Pourquoi installer un osmoseur sous l’évier ?
Pour l’eau de boisson et de cuisson, un osmoseur installé sous l’évier constitue généralement une solution pratique.
Il permet notamment de :
- traiter l’eau au point de consommation ;
- disposer d’une eau filtrée à la demande ;
- réduire de nombreux contaminants dissous ;
- limiter l’achat et le transport de bouteilles ;
- réserver l’eau osmosée aux usages pour lesquels elle est réellement utile.
Traiter toute l’eau de l’habitation par osmose inverse n’est généralement pas nécessaire. Une grande partie de l’eau domestique est utilisée pour les toilettes, les douches, le nettoyage ou le jardin, et ne doit pas présenter le même niveau de filtration que l’eau destinée à être bue.
Il est donc plus exact de dire qu’un osmoseur réduit fortement certains PFAS que d’affirmer qu’il garantit une eau totalement dépourvue de tous les PFAS.
Un osmoseur retire-t-il aussi les minéraux ?
La membrane d’osmose inverse réduit également une partie importante des minéraux dissous dans l’eau, notamment le calcium et le magnésium.
Cela ne rend pas automatiquement l’eau impropre à la consommation. L’alimentation constitue normalement la principale source de minéraux pour l’organisme. Certaines personnes préfèrent néanmoins utiliser une cartouche de reminéralisation afin d’ajuster le goût et la composition de l’eau après filtration.
Le choix dépend de la qualité initiale de l’eau, de l’usage prévu et des préférences des occupants.
Quels sont les points d’attention avant l’installation ?
Un osmoseur doit être sélectionné en fonction de l’installation et de la qualité de l’eau.
Plusieurs éléments doivent être vérifiés :
- La pression du réseau
La membrane a besoin d’une pression suffisante pour fonctionner correctement. Une pompe de surpression peut être nécessaire lorsque la pression disponible est trop faible. - La dureté de l’eau
Une eau très calcaire peut favoriser l’entartrage de la membrane. Un prétraitement ou un entretien adapté peut alors être recommandé. - Le débit nécessaire
Le système doit pouvoir fournir une quantité d’eau suffisante pour la consommation quotidienne du ménage. - Le rejet d’eau
L’osmose inverse génère un flux d’eau concentrant les substances retenues. Le rapport entre l’eau produite et l’eau rejetée varie selon la conception et les performances de l’appareil. - L’entretien
Les filtres et la membrane doivent être remplacés selon les recommandations du fabricant. Un système mal entretenu ne peut pas garantir durablement les performances annoncées.
La solution proposée par Techni-self
Techni-self accompagne les particuliers dans le choix et l’installation de solutions techniques adaptées à leur habitation.
Pour la filtration de l’eau, nous pouvons proposer un osmoseur sélectionné selon :
- la qualité de l’eau disponible ;
- la pression du réseau ;
- les besoins du ménage ;
- l’espace disponible sous l’évier ;
- le débit souhaité ;
- le niveau de filtration recherché.
Selon votre projet, la solution peut être fournie sous la forme d’un kit à placer soi-même ou installée par notre équipe.
Notre objectif n’est pas de vous vendre un appareil standard sans tenir compte de votre installation. Nous vous aidons à choisir un système cohérent, correctement dimensionné et accompagné des informations nécessaires pour son utilisation et son entretien.
Peut-on installer soi-même un osmoseur ?
L’installation d’un osmoseur domestique est accessible à un particulier disposant de bonnes connaissances en plomberie.
Elle nécessite généralement :
- un raccordement à l’arrivée d’eau froide ;
- une évacuation pour l’eau de rejet ;
- la pose d’un robinet d’eau filtrée ;
- un espace suffisant sous l’évier ;
- une vérification minutieuse de l’étanchéité.
Avec un kit complet, des raccords adaptés et des instructions précises, l’installation peut être réalisée soi-même. Pour les personnes qui préfèrent une solution clé en main, Techni-self peut également prendre en charge le placement complet.
Conclusion
La présence de PFAS dans certaines ressources en eau constitue une problématique environnementale durable. En Wallonie, la qualité de l’eau potable est surveillée et des valeurs réglementaires encadrent désormais plusieurs PFAS.
Pour les ménages qui souhaitent réduire davantage leur exposition par l’eau de boisson, l’osmose inverse représente l’une des solutions domestiques les plus performantes. Son efficacité dépend toutefois du choix de l’appareil, de ses performances documentées, de la qualité de l’installation et de son entretien.
Techni-self vous accompagne dans le choix d’un osmoseur adapté à votre habitation, disponible en kit à installer vous-même ou avec un placement complet par nos équipes partout en Wallonie.
Vous souhaitez connaître la solution adaptée à votre habitation ? Contactez Techni-Self pour recevoir des conseils et une offre personnalisée.
FAQ
Faire bouillir l’eau permet-il d’éliminer les PFAS ?
Non. Faire bouillir l’eau ne détruit pas les PFAS. Comme une partie de l’eau s’évapore, l’ébullition peut même augmenter légèrement la concentration des substances non volatiles dans l’eau restante.
L’eau en bouteille est-elle toujours exempte de PFAS ?
Non. La présence ou l’absence de PFAS dépend de la ressource utilisée et des traitements appliqués. L’eau en bouteille ne constitue donc pas automatiquement une garantie d’absence de PFAS.
Un adoucisseur retire-t-il les PFAS ?
Un adoucisseur classique est principalement conçu pour réduire la dureté de l’eau en remplaçant les ions calcium et magnésium. Il ne doit pas être considéré comme une solution spécifiquement destinée à éliminer les PFAS.
Où installer un osmoseur domestique ?
Il est généralement installé sous l’évier de la cuisine et alimente un robinet séparé réservé à l’eau de boisson et de cuisson.
À quelle fréquence faut-il remplacer les filtres ?
La fréquence dépend du modèle, du volume d’eau consommé et de la qualité de l’eau. Les préfiltres sont souvent remplacés plus régulièrement que la membrane. Les instructions du fabricant doivent toujours être respectées.
Un osmoseur élimine-t-il 100 % des PFAS ?
Aucun système domestique ne devrait être présenté comme éliminant systématiquement 100 % de tous les PFAS. Il faut privilégier un appareil dont les performances ont été testées pour les contaminants concernés et respecter son programme d’entretien.